dimanche 6 décembre 2009

a nice trip in the past

la_maison_couv

Lorsque, comme aujourd'hui, il fait un temps de fin du monde, que la nuit tombe trop tôt et qu'on est dimanche, on a souvent pour unique envie que de rester dans notre home sweet home. Un jour pareil, se réfugier dans cet ouvrage est donc une parfaite mise en abyme  : La maison, Paul Andreu.
Paul Andreu est un ingénieur architecte qui avait déjà publié quelques récits poétiques. La maison est, selon la quatrième, son premier roman mais vous constaterez vite que l'écrit reste aux frontières des deux genres. Mieux vaut alors définir l'ouvrage par ce qu'il n'est pas: un traité  d'architecture. Le description de la maison a quitté les deux dimensions d'un plan pour celles, plus labiles, de l'imaginaire et des souvenirs d'enfance. « La maison de Paul Andreu n’est pas celle qu’il a toujours rêvé de construire mais celle qui l’a construit » dixit l'éditeur.

Pour filer la métaphore, on rentre dans ce livre comme dans une maison qui n’aurait pas été chauffée depuis longtemps. Les première pages sont froides et humides, on passe d’une pièce à l’autre curieux d’en découvrir les recoins poétiques mais un peu découragés aussi par la température. Puis à mesure qu’on progresse dans la lecture des personnages viennent habiter la demeure et la réchauffent de leur présence au rythme des souvenirs qui affluent dans la mémoire de l’auteur.

La cuisine est le coeur d’une maison, la pièce où se concentrent les bons comme les mauvais souvenirs, les secrets partagés entre copines autour d’un café, les contre-soirées les jours d’affluence, les petits déjeuners complices, les moments de connivences et d’intimité… J’attendais donc la description d’Andreu avec impatience… mais jusqu’au bout elle demeure la grande absente de la maison. Tant pis, tant mieux, cela aurait peut-être été trop convenu.

L’auteur s’attarde cependant dans la salle-à-manger, témoin de repas familiaux et de tout ce qui s'y joue:

« Aussi loin que je me souvienne, c’est mon grand-père qui faisait la cuisine, mon père très rarement, la première bonne parfois, les dernières jamais, ma mère en cas d’urgence seulement.
Tout le monde aimait la cuisine de grand père mais certains plats donnaient lieu à contestation de la part de mon père. Il n’y avait qu’une manière pour lui de cuire les tripes, c’était  au jus, avec des carottes, comme dans sa jeunesse. Mon grand-père, sans refuser cette variante, lui préférait les tripes à la lyonnaise, cuites à la poêle. La cuisson des tripes était le seul sujet sur lequel la discorde pouvait éclater à table entre les deux hommes. Elle restait pourtant contenue. Mon père qui était coléreux et pouvait être très violent dans ses propos respectait mon grand-père, qui de son côté, exprimait sa désapprobation par son silence.
Je crois, qu'en général, la salle à manger était, aux heures des repas, un lieu de discussion et de bavardages assez normal mais ce qui vient d'abord à ma mémoire, quand je repense à ces moments, c'est la blessure qui ont laissé les scènes, les cris ou les disputent qui n'ont pourtant pas du être si nombreuses que ça. J'ai l'impression d'en souffrir aujourd'hui plus qu'alors, sans doute parce que j'ai hérité de la colère de mon père, que j'ai reproduite et que, même quannd je me suis mis à faire des efforts pour la contrôler, elle a continué à m'envahir. »

La maison, Paul Andreu, copyright, Editions Stock 2009

Pour une recette de tripes à la lyonnaise, je  vous recommande celle-ci.

Posté par Devorerleslivres à 18:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,


Commentaires sur a nice trip in the past

    Merci pour le conseil. Hier il a plu toute la journée et je suis restée chez moi avec mon livre. Tu me donnes très envie de découvrir celui-ci - heureusement je serai bientôt en France pour le chercher.

    Posté par Vanessa, lundi 7 décembre 2009 à 08:08 | | Répondre
  • J'aime beaucoup ce genre de livres; j'ai peu de temps à consacrer à la lecture en ce moment mais ça me plairait de lire celui-ci!
    Bonne soirée

    Posté par Marion, samedi 12 décembre 2009 à 18:35 | | Répondre
Nouveau commentaire